Les marchés de l’or et de l’argent

Suivre les cours de l’or et de l’argent relève d’une discipline particulière. Ils bénéficient d’un mécanisme spécifique aux marchés: Ces métaux étant à la fois rare, cher et particulièrement dense, il est très difficile de les déplacer déplacer, surtout lorsque la quantité se monte rapidement en tonnes. Rapidement, un marché de l’or papier s’est organisé, où les transactions se basent essentiellement sur l’échange de titres en papiers correspondant à des quantités d’or. Les lingots peuvent donc rester sagement entreposés dans des coffres sécurisés.

Cependant, d’année en année, les banques vendent plus de papier que de l’or et de l'argent physiquement disponible.

Ces petites opérations durent depuis plusieurs années et qu’en outre, malgré les achats compulsifs d’or par les banques centrales (Chine en tête) et les particuliers, les cours du métal précieux peinent à retrouver les 1300$ l’once alors qu’on les avait vu dépasser les 1800$ l’once en 2011, on est en droit de se demander quelle proportion de franche bidouille tout ceci ne cache pas pudiquement.

Parallèlement à la déflation, une véritable guerre contre le cash a été entreprise par les autorités d’à peu près tous les gouvernements du monde, et ce, d’autant plus que les taux d’intérêts, négatifs, encouragent de fait les particuliers à sortir autant que possible l’argent liquide des banques, qui sera taxé lorsqu’il dort en dépôt. En somme et du point de vue de l’or, si la déflation est un argument pour rester liquide (« cash is king »), les intérêts négatifs sont au contraire une incitation extrêmement forte à convertir ces avoirs « papier » en biens physiques, l’or et l’immobilier arrivant en tête.

Dans ce contexte, une bidouille des banques n’était donc pas si improbable et sans véritable surprise qu’on a appris, ces derniers jours, que la Deutsche Bank, un des établissement directement concerné par les mouvements sur le marché de l’or et acteur majeur de ce marché, a effectivement admis devant les autorités américaines avoir manipulé le marché de l’argent, ainsi que celui de l’or.

La plainte étant enregistrée et la banque allemande cherchant maintenant à s’éviter des suites judiciaires financièrement douloureuses, on peut s’attendre, dans les prochains jours, à en savoir un peu plus sur les méthodes employées et sur la quantité d’efforts qui fut déployée pour modifier le prix de l’or.