Déchets électroniques : De l'or

Lorsque nous pensons à l’extraction de l’or, nous avons à l’esprit l’extraction de la terre de fragments d’or ou d’un minerai aurifère. L’or peut cependant être extrait d’une autre façon, et ce, en quantité relativement importante. En fait, la teneur en or de cette source est 40 à 50 fois supérieure à celle du minerai aurifère. De quelle source mystérieuse s’agit-il ? Des déchets électroniques (e-déchets) — téléphones mobiles, tablettes, ordinateurs de bureau, ordinateurs portables et autres cartes électroniques. La quantité d’or et d’autres éléments que contiennent ses déchets  a donné naissance au concept de « l’exploitation minière urbaine » — c'est-à-dire, de l’extraction des métaux précieux directement de nos déchets.


L’or est un composant important d’une multitude de dispositifs électroniques. En 2011 seulement, 320 tonnes ont servies à fabriquer des ordinateurs portables, des cellulaires, des tablettes et divers autres appareils électroniques dans le monde, ce qui équivaut à 7,7 pour cent de l’approvisionnement mondial en or pour l’année en question et une valeur de 16 milliards de dollars. Les appareils électroniques évoluant à une cadence accélérée, leur cycle de vie se raccourcit, puisque les gens choisissent de remplacer leurs ordinateurs et leurs téléphones cellulaires de plus en plus souvent. Lorsque ces appareils sont jetés, la plus grande partie de leurs composants en or est perdue : seulement 15 pour cent de l’or contenu dans les e-déchets est récupéré.


Le recyclage de l’or contenu dans les appareils électroniques est attrayant pour plusieurs raisons d’ordre environnemental. Non seulement le recyclage est-il avantageux parce qu’il diminue le volume total de déchets et qu’il prolonge la vie des mines traditionnelles, il est également considérablement plus efficace sur le plan énergétique que l’extraction minière. Des efforts et des capitaux énormes sont investis pour extraire l’or de la terre, après quoi il est jeté au bout d’un usage unique. Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le recyclage des e-déchets ne se fait toujours pas à grande échelle, ceux-ci incluant le rendement économique, les faibles taux de collecte et des facteurs sociaux et gouvernementaux. Par exemple, le coût associé à la main-d’œuvre requise pour désassembler les composants complexes des déchets électroniques peut se révéler prohibitif, particulièrement dans les pays industrialisés comme le Canada. En outre, les projets de recyclage sont généralement mis en œuvre localement et, par conséquent, à une échelle plus petite que ce qui se fait dans le secteur de l’exploitation minière traditionnelle.


L’or n’est qu’un des nombreux éléments contenus dans les appareils électroniques. La complexité et l’utilisation de ces matières augmentent à mesure que le nombre de fonctions assumées par les dispositifs électroniques s’accroît. En fait, nombre d’appareils technologiques tirent avantage de presque tous les éléments stables du tableau périodique et les taux de recyclage de plusieurs éléments aux propriétés uniques sont souvent nettement inférieurs à celui de l’or. Par exemple, le taux de recyclage du lithium, du germanium, du gallium et des lanthanides est inférieur à un pour cent. 


Le potentiel de l’exploitation minière urbaine est loin de se limiter à l’or. Vu l’augmentation prévue de la production de déchets électroniques, cette activité pourrait un jour constituer une solution de rechange viable et durable à l’extraction minière traditionnelle.