Mines d'Or en France.

La création d'une école des mines répondait à la nécessité de former des spécialistes français, il était grand temps de rattraper les écoles allemandes et anglaises. La Gardette, d'ailleurs, découverte en 1781, fut le premier événement qui remit en question la sacro-sainte théorie de l'or filonien et mis aussi un point final à ce scepticisme français datant du XVIIème quant à l'existence de mines d'or en France. Mais, plus que l'or, ce sont les très beaux cristaux qui firent la célébrité de cette mine. Cependant le premier lingot fut coulé en 1786, des médailles frappées et distribuées à tout va, qu'importe, le Trésor allait être renfloué avant longtemps ! L'exploitation s'arrêta en 1787.

Napoléon créa le code minier en 1810 mais la recherche aurifère ne prospérait pas en France. Il fallut attendre 1859 pour que Maillard fasse paraître quelques notes sur les mines de Saint Yrieix-la-Perche et les choses en restèrent là jusqu'en 1887(Mc Arthur-Forrest). Même cette découverte ne fit pas bouger les choses immédiatement ! Décidément les Français n'y croyaient pas ! Il fallut une nouvelle génération de scientifiques, avec Marius Esparseil, pour débloquer la situation à Salsigne , La Bellière, La Lucette et Le Châtelet.

Après la Seconde Guerre Mondiale et les accords de Bretton Woods de 1944, le prix de l'or descend et plus aucune société ne s'intéresse à la prospection. Le BRGM créé en 1959 déclenche une étude systématique.

Jusqu'en 1939, le minerai subit un triage manuel à la mine ; les femmes mettent le minerai extrait dans des corbeilles , rejetant la roche stérile , agenouillées 10 heures par jour et 6 jours par semaine, hiver comme été.

Plusieurs exploitants se sont succédés pour aboutir à la suite actuelle :
-- SEPS : Société d'Exploitation de la Pyrométallurgie de Salsigne est en liquidation judiciaire depuis 1996,
-- SNC Lastours : société qui a retraité les anciens stériles stockés sur le site de la Combe du Saut a cessé son activité en 1997,
-- MOS (Mine d'Or de Salsigne) exploite jusqu'en 2004 la mine de Salsigne et a construit ses propres installations de traitement sur le site de la Combe du Saut.

Différents procédés se sont succédés durant plus de 90 ans.
L'hydrométallurgie : broyage et séparation des sulfures métalliques du minerai et de la gangue sans transformation chimique, à l'exception de la cyanuration qui ne provoque que des complexes entre les cyanures et l'or ou l'argent.

La pyrométallurgie : chauffage du minerai qui engendre un changement d'état des constituants et une transformation des sulfures en oxydes. Il permet une séparation entre les éléments volatils (soufre, arsenic, bismuth, antimoine, plomb, une faible part du cuivre) et ceux qui le sont moins (fer, silicium, aluminium, cuivre, argent et or). Les éléments plus volatils se retrouvent dans les fumées sous formes de produits purifiés (présentant des concentrations élevées) issus de cette séparation très sélective des oxydes.
Au total jusqu'en juin 2001, 12,2 millions de tonnes de minerai ont été traités sur le site pour produire 830 000 tonnes de matériaux commercialisés. L'inventaire des déchets du site atteint une masse totale d'environ 11,6 millions de tonnes. Les impacts du site sur l'environnement ont été notables dans le passé et notamment avant la réalisation de dispositifs de traitement efficaces des eaux et des fumées (aux environs des années 1970) et lors de la modification du dispositif de traitement par SEPS (1992-1996).

La formation des gisements aurifères
Les minerais d'or se développent au contact des failles nord-sud qui recoupent les schistes, les grès et les calcaires dolomitiques paléozoïques dans des filons de quelques mètres d'épaisseur. Noyés dans une gangue quartzique, leurs minéraux opaques métallifères les plus abondants sont des sulfures: le mispickel, la pyrite et la pyrrhotite tandis que la galène et la chalcopyrite sont fréquentes. Minéralisation éruptive liée au granite et au volcanisme acide dans une zone de subduction.