Une société sans cash = l'Or ?

Une société sans cash est rejetée par de nombreux acteurs économiques et particuliers. Ils reprochent en effet aux États de vouloir limiter la liberté des individus. La société sans cash, c ’est l’assurance de la traçabilité des échanges et des dépenses. On voit tous au quotidien la liste précise de nos achats par carte bancaire. Évidemment notre banquier la connaît aussi.

L’autre reproche, c’est de donner beaucoup trop de pouvoir au monde de la finance qui peut, en cas de crise ou de besoin, couper l’accès aux comptes des particuliers et des entreprises. La crise en Chypre en 2012/2013 est une illustration de ce risque. Un vendredi soir, l'ordre est donnée aux banques de ne plus distribuer d’espèces. Les distributeurs automatiques de billets ne fonctionnent plus pour les cartes bancaires locales, seuls les touristes ont encore un petit accès au cash avec leurs CB étrangères.

Le fonds de garantie bancaire pour quel montant ?

Pour rassurer les particuliers en France, le gouvernement a mis en place le FGDR, le fonds de garantie bancaire et de résolution. Il assure aux détenteurs de comptes bancaires de récupérer 100 000 euros en sept jours ouvrables en cas de défaillance des banques. Mais ces détracteurs affirment qu’il ne s’agit pas d’une protection « anti-Chypre ». En effet, si une crise survient au niveau du pays tout entier, alors, les autorités pourront toujours décider la « fermeture » des comptes en banque pour éviter qu’une panique s’ajoute à la crise. Cette mesure protège uniquement le citoyen d’une faillite d’un établissement bancaire isolé.

Les paiements en liquide 

En France, le paiement en espèces est très réglementé depuis 2015. Entre particuliers, il n’y a pas de limite sauf qu’un écrit est recommandé par le ministère de l’Économie et des finances dès 1 500 euros. Pour un particulier vers un professionnel ou entre professionnels, la limite est fixée à 1 000 euros ! C’est un plafond vite atteint.

Même pour le paiement de ses impôts et taxes, le paiement en liquide est limité à 300 euros. Ajoutez à cela l’obligation faite aux banques de signaler tout mouvement au-delà de 10 000 euros vers l’étranger et vous avez une bonne maîtrise des flux financiers dans un pays.

Il est vrai qu’en France, la culture n’est pas à la « grosse coupure ». En revanche, chez les Allemands, c’est une habitude. Le billet de 500 euros avait d’ailleurs été créé pour remplacer le billet de 1 000 marks. Depuis la fin 2018, le billet de 500 euros n’est plus émis, il disparaîtra donc rapidement.

En 2008, pratiquement la moitié des achats se faisait en liquide ; en 2016, les couronnes suédoises sonnantes et trébuchantes ne sont présentes que pour 15 % des échanges.

Que se passerait-il si une crise comme celle de 2008 touchait à nouveau la finance et le système bancaire ? 

Bitcoin et or, piliers de l’économie sans cash ?

Si ce n’est pas le Bitcoin, cela peut être les autres cryptomonnaies. Le principe, inventé après la crise de 2008, répond bien à toutes les exigences d’une société sans cash. Elle permet d’échanger de la valeur sans passer par un établissement bancaire et pour l’instant, sans trop de maîtrise des banquiers centraux. Donc dans une situation à la Chypre, Argentine ou 2008, les échanges seraient toujours possibles.

Reste la problématique de la valeur de la cryptomonnaie. Pour l’instant volatile, trop souvent spéculative, elle n’offre pas la garantie et la confiance nécessaire. En revanche, l’or qui a une histoire, un vécu et un ADN forts dans l’histoire monétaire et du commerce peut servir de sous-jacent pour une crypto-monnaie. Des pièces en or, des lingots comme garantie d’une valeur numérique non contrôlée par une autorité centrale et le monde de la finance.

Ne serait-ce pas là la monnaie idéale ?